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Interview de Sid Belhaj, joueur de l'équipe de France Futsal

29 septembre 2017 - 05:10

Interview de Sid Belhaj, joueur de l'équipe de France de Futsal, brillament qualifié pour l'Euro 2018 de Futsal ! Il parle en autre de leur performance et de la montée en puissance de son sport en France et de la possible prise de conscience de la féderation sur l'évolution du futsal en France

Interview tiré du site Foot Mercato

 

FM : Pour ceux qui ne connaissent pas le futsal, quelles sont les principales règles de cette discipline ?

Sid Belhaj : Le futsal se joue en gymnase sur surface dure, sur un terrain de handball. Les remises en jeu se font au pied. En revanche, les relances du gardien se font à la main. Il y a aussi des règles spécifiques, c’est-à-dire qu’il y a un nombre limité de fautes par mi-temps. Chaque équipe a le droit à 5 fautes par mi-temps. On ne peut pas jouer deux fois d’affilée avec le gardien sans que l’adversaire ait touché la balle, sauf si le gardien touche la balle dans le camp adverse. On joue avec un ballon de taille 4 qui ne rebondit pas. Sinon pour le reste, c’est la même chose qu’au football sauf que tactiquement on se rapproche plus d’un sport de salle forcément. En termes tactiques, ça ressemble plus à du basket ou du handball que du football. Au niveau des équipes, on est quatre plus un gardien. Il y a des postes spécifiques. Comme on est dans un sport de salle, on a des pivots, des ailiers et un joueur de fermeture qu’on peut appeler un libéro.

FM : Vous faites partie de l’équipe de France de futsal qui participera à l’Euro 2018. Pour y arriver, le chemin a été très long...

SB : Ça fait deux-trois ans qu’on évolue avec le même groupe. Au départ, c’était un groupe assez jeune mais qui a pris en maturité petit à petit. On a fait de mieux en mieux au niveau des éliminatoires. Pour se qualifier pour l’Euro 2018, on a commencé très tôt. On est d’abord passé par les tours préliminaires au début de la saison dernière. On était dans le groupe de la Lituanie et d’Andorre. On a terminé premiers de notre groupe. Ensuite, on a participé au tour principal en Turquie en avril dernier. On est tombé avec la Russie, la Slovaquie et la Turquie. La première place était qualificative pour l’Euro et la seconde permettait d’accéder aux barrages. Quand on est tombé avec la Russie, les derniers finalistes de la Coupe du Monde, on savait que c’étaient les favoris. Ils ont terminé premiers. La deuxième place s’est jouée entre la Slovaquie et nous. On a réussi à battre la Turquie puis la Slovaquie lors du dernier match qui était décisif pour accrocher les barrages. Enfin, on a affronté la Croatie lors des barrages. Il y avait deux équipes favorites : la Serbie et la Croatie. C’étaient des équipes qu’il fallait éviter. On est tombé contre la Croatie. Au match aller, on a réussi à faire match nul en France. Pour le retour, il fallait soit faire match nul supérieur à 1-1 ou alors gagner pour se qualifier. On a réussi à gagner 5-4 et à se qualifier.

Fier de défendre les couleurs de la France

FM : C’est une qualification historique pour la France. J’imagine qu’il y a beaucoup de fierté.

SB : Avant la qualification, c’était aussi la première fois qu’on accrochait les barrages. On est très contents. Ça met un coup de projecteur sur notre discipline. Ça récompense aussi des années de travail et de sacrifices de la part de toute l’équipe mais aussi d’autres joueurs qui sont passés avant nous. On est que des amateurs. On fait beaucoup de sacrifices au quotidien pour pouvoir réussir ce genre de choses. On est très satisfaits. Il y a le sentiment du devoir accompli. Mais on se dit aussi que ce n’est qu’un début et qu’il faut essayer d’aller toujours plus loin. C’était ce qu’on s’était dit à chaque étape des qualifications, à savoir ne pas se contenter de ce qu’on avait fait et de voir plus loin. On va essayer de continuer comme ça lors de l’Euro. On est très fier de représenter la France à l’Euro car c’était un rêve pour beaucoup d’entre nous qui sommes des amateurs. Mais aussi d’aller affronter en compétition officielle les joueurs qui nous font vibrer et qu’on adore. C’est quelque chose de grand de participer à l’Euro.

FM : Selon vous, pourquoi la France n’a-t-elle pas réussie à se qualifier avant pour les phases finales d’une grande compétition ?

SB : Je pense que ce n’était pas une volonté affichée de la fédération de se lancer sur le futsal. Elle attendait qu’on arrive à un tel résultat lors des éliminatoires pour vraiment lancer les choses plutôt que de s’investir dès le début. C’est ce que la fédération attendait et c’est ce qu’on a réussi à faire.

FM : Quels seront vos objectifs lors de cet Euro 2018 ?

SB : On veut d’abord voir dans quel groupe on va tomber, qui on aura comme adversaire. Le tirage au sort a lieu vendredi 29 septembre. Ensuite, on verra comment procéder et les stratégies à mettre en place. On veut aussi prendre du plaisir.

Aider le futsal à évoluer

FM : L’équipe de France aura une double mission lors de ce tournoi. Bien figurer sportivement mais également porter une discipline peu mise en avant. J’imagine que c’est un rôle qui vous tient à cœur.

SB : On a vraiment senti qu’on avait des responsabilités vis-à-vis des gens qui nous soutiennent et des gens qui travaillent au quotidien dans les clubs. On est aussi contents de mettre un coup de projecteur et d’aider indirectement ces gens-là.

FM : Le tirage au sort des poules se déroulera ce vendredi à midi à Ljubljana. Quelles équipes souhaitez-vous affronter ou éviter ?

SB : Il y a des histoires de chapeaux. Dans le chapeau un, il va y avoir la Slovénie, le Portugal, la Russie et l’Espagne. On va forcément vouloir tirer la Slovénie car c’est le pays organisateur et c’est une nation qui est quand même moins forte que les autres. Dans le chapeau deux, il y a l’Italie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan. Là c’est pareil, je pense que l’Azerbaïdjan est moins fort que les trois autres nations. Donc pour moi le meilleur tirage serait Slovénie et Azerbaïdjan. Après, si on tombe contre la Russie ou l’Italie, ça va être compliqué.

FM : Vous l’avez dit, vous êtes des sportifs amateurs. Malgré tout, avez-vous ressenti une évolution autour du futsal ces dernières années ?

SB : Il y a de la progression. Moi, j’ai commencé il y a 5 ans et tous les ans on sent qu’il y a une progression que ça soit au niveau du championnat, des clubs, des jeunes, etc... On espère que notre participation à l’Euro va encore faire accélérer les choses. Le championnat de France est encore amateur en termes de statut. Mais les clubs se professionnalisent et se structurent petit à petit. On va de plus en plus vers quelque chose de structurer et de plus professionnel.

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